jeudi 28 février 2008

Texte mis à l’index par le saint siège et jugé blasphématoire

La prophétie

Épuisé d’un jeûne de 14 jours et 14 nuits, sans olive, transi et malade, Razkeb, le shaman aux yeux de loup blanc quitta son royaume pour tenter d’unifier le ciel et la terre.

Guidé par sa vision des deux Eden, empli d’une certitude que sa maison se trouvait quelque part en ces terres mytiques dont il avait perçu la flamme, il tua l’esprit du lion et s’abreuva à la source de Zeetoun pour faire couler en son corps et son esprit la force des anciens.

À la nuit de la cinquième lune des sept, Razkeb fit communion avec Troudi, déscendant d’Héraclès, un dieu troyen perdu seul dans les terres du nord, loin des siens. Il avait entendu son appel il y avait de cela sept calendriers et avait suivi le chant du shaman. Après ces septs calendriers, le sacrifice de l’esprit du lion l’avait enfin placé sur son chemin.

Lors de cette nuit où tous les esprits de la terre étaient présents et les observaient, il regarda dans les yeux du dieu troyen et vit en lui des millénaires d’histoire, il rencontra des peuples aussi doux que le sien, entendit des musiques provoquant la transe shamanique et sentit une flamme chaude et appaisante. Il avait trouvé un lieu béni qu’il croyait déjà connaître depuis longtemps.

Et il comprit enfin la prophétie de Madna, messagère de la réinvention, qui disait :

À la nuit cinq de sept, celui qui amènera les cieux sur terre aura dans les yeux deux Eden. À qui le reconnaîtra y trouvera sa maison, qui l’aimera verra les cieux enfin se poser sur lui comme une étreinte éternelle.

Razkeb sût alors que les deux Eden étaient venus de loin jusqu’à lui, pour en faire l’élu et unir pacifiquement tous les peuples et toutes les croyances par la sorcellerie d’un baiser.

Dès lors et pour toujours, le doux ciel étoilé se décrocha, descendit sur la terre et ne la quitta plus.