lundi 3 mars 2008

Vampire Weekend : morsure profonde

Inspiré de la musique populaire africaine, l’album de Vampire Weekend nous transporte dans un univers tout à fait original et rythmé. À posséder en vinyle pour ceux qui ont une table tournante, cet album au style retro, afro-pop, ska rappelle la jeunesse, les shorts adidas et le vin dans une carafe en paille. Tout ça avec une saveur New-Yorkaise actuelle.

Contrairement a nos amis vampires descendants du compte Dracula, cette musique aime le soleil...

Je suis un mordu de Vampire Weekend !

jeudi 28 février 2008

Texte mis à l’index par le saint siège et jugé blasphématoire

La prophétie

Épuisé d’un jeûne de 14 jours et 14 nuits, sans olive, transi et malade, Razkeb, le shaman aux yeux de loup blanc quitta son royaume pour tenter d’unifier le ciel et la terre.

Guidé par sa vision des deux Eden, empli d’une certitude que sa maison se trouvait quelque part en ces terres mytiques dont il avait perçu la flamme, il tua l’esprit du lion et s’abreuva à la source de Zeetoun pour faire couler en son corps et son esprit la force des anciens.

À la nuit de la cinquième lune des sept, Razkeb fit communion avec Troudi, déscendant d’Héraclès, un dieu troyen perdu seul dans les terres du nord, loin des siens. Il avait entendu son appel il y avait de cela sept calendriers et avait suivi le chant du shaman. Après ces septs calendriers, le sacrifice de l’esprit du lion l’avait enfin placé sur son chemin.

Lors de cette nuit où tous les esprits de la terre étaient présents et les observaient, il regarda dans les yeux du dieu troyen et vit en lui des millénaires d’histoire, il rencontra des peuples aussi doux que le sien, entendit des musiques provoquant la transe shamanique et sentit une flamme chaude et appaisante. Il avait trouvé un lieu béni qu’il croyait déjà connaître depuis longtemps.

Et il comprit enfin la prophétie de Madna, messagère de la réinvention, qui disait :

À la nuit cinq de sept, celui qui amènera les cieux sur terre aura dans les yeux deux Eden. À qui le reconnaîtra y trouvera sa maison, qui l’aimera verra les cieux enfin se poser sur lui comme une étreinte éternelle.

Razkeb sût alors que les deux Eden étaient venus de loin jusqu’à lui, pour en faire l’élu et unir pacifiquement tous les peuples et toutes les croyances par la sorcellerie d’un baiser.

Dès lors et pour toujours, le doux ciel étoilé se décrocha, descendit sur la terre et ne la quitta plus.

mercredi 27 février 2008

Le sauvage et le barbare

Maître sauvage dans son loft de 100 pieds carrés, perché sur son clavier, tenait en son bec des framboises.

Sous le bureau, maître barbare par l’odeur allèché lui tint à peu près ce language peu recherché : «Hèye le Raz ! Donne-moé tes frambouèses !»

Maître sauvage, par cette voix nasillarde charmé et perdant tous ses moyens lui donna volontiers ses framboises en échange de quelques olives.

Et les fruits se mangèrent durant des jours accompagnés de rires, de délires et de musique kitsch sur fond d’oreiller et de lipstick.

Il n’y a pas de morale à cette fable sinon la confirmation du fait que le troc fruité entre deux êtres bestiaux est tout à fait délicieux.
.

vendredi 4 janvier 2008

Frihet (liberté)

Philosophie et questionnement naissent du calme que procure le blanc silence qui recouvre le plancher extérieur. Les traces de pas se sont tus sous l’omerta de la neige mafieuse et la croisée n’existe désormais que sur des pages blanches.

Mais qu’est qu’il y avait dans mes céréales ce matin ?
___

Voilà les premiers mots issus de ma renaissance, j’aurais aussi pu écrire «Gagapoué ! breufelelebl !» mais là le destinataire se serait posé des questions sur mon état de santé mentale.

Dehors la neige a encore fait des siennes, elle a neigé comme dirait l’autre. Elle s’amuse bien cette année. Elle est saoule et s’étend partout comme tante Gertrude au jour de l’an après son sixième Schnapps aux pêches. Incapable de se relever, la grosse joufflue reste là, immobile, blanche, un sourire niais aux levres. Comme elle est calme... je l’envie.

J’ai vraiment le goût de bloguer, petit forceur va ! Je profite de la première journée depuis longtemps où je m’appartiens. Non mais est-ce que c’est moi ou est-ce que l’être humain endure parfois la misère pour de l’argent, méchant contraste ! Se rendre malheureux en essayant de devenir heureux.

J’ai donné ma démission du conseil d’administration des condos où je vis. Y’en a marre de cette mare de marde ! Je vends ce symbole de l’esclavage pécunier pour aller vivre en appartement avec mon JP. Onze ans de vie commune et jamais la chance de voyager hors pays ensemble. On va se gâter.

Hier.
Fini.
J’ai décroché.

J’ai le goût de faire des sauts dans le vide. Me provoquer... Voir du pays avant que les pays ne s’éteignent ou ne changent de visage à jamais. Rencontrer des gens au delà de l’écran. Entrer en contact vraiment. Découvrir pourquoi je m’accroche avec espoir à la race humaine plutôt que de la détester dans sa schyzophrénie collective du 21e siècle. À l’heure des bombes et de la pornographie cervicale inventée par les nouveaux joujoux électroniques et le virtuel, nous sommes pollués de toutes parts. On nage tant bien que mal, les neuronnes dans les algues bleues. Pourtant chaque humain est complexe, merveilleux et vaut la peine qu’on s’y attarde.

Je dois encore me débattre avec mon placenta. Me débarbouiller de ce liquide amniotique. Mais je suis sorti de ma coquille et je suis vivant. J’ai tout un monde à découvrir...

Merci Stephan pour ces ondes, j’en ferai bon usage !
.

lundi 31 décembre 2007

Perceptions



Tout est dans l’oeil de celui qui observe dit-on.

Certaines personnes réagissent différement lors d’événements même anodins du quotidien et parfois, si on se permet un peu d’imagination en changeant quelques données du scénario, notre perception peut aussi changer.

Les possibilités d’imbroglio sont multipliées pour un couple gai puisque d’autres facteurs, disons d’ambiguité, entrent en ligne de compte. À preuve, ces deux anecdotes qui nous sont arrivées à JP et à moi dernièrement :

Perception 001 : L’esprit du mâle

Depuis plusieurs mois, nous tentions de faire diminuer le nombre de décibels de la musique de la discothèque voisine. Pour enfin retrouver un sommeil normal à des heures normales, nous avions entrepris les démarches nécessaires pour se faire entendre auprès des autorités. Le spvm (Service de Police de la Ville de Montréal) nous ayant suggéré de faire appel à leurs services lorsque nécessaire, nous avons demandé ce soir là que des agents viennent constater le problème de chez-nous pour qu’ils puissent ensuite se rendre chez nos voisins pour y remédier.

Arrivèrent chez-nous un agent et sa collègue. Après avoir discuté du problème, nous leur avons mentionné que le son provenait surtout de l’arrière et que pour bien comprendre, ils pouvaient venir constater à partir de la chambre des maîtres. Malaise garanti dans le regard du policier qui arrivait chez un couple gai du village et qui était visiblement secoué dans son image virile. Ce fût l’agente (une petite dame sympatique et mignonne) qui, en s’excusant pour les planchers et la neige sur ses bottes, qui me suivit vers la chambre à coucher.

Arrivée dans la chambre, elle s’arrêta un instant et me dit : «Vous avez un beau couvre-lit !». Surpris par ce qui aurait pu être perçu étrangement comme une avance, je bafouillai un «merci» timide.

Elle désamorça la mini-bombe en affirmant : «J’ai le même chez-moi». Ouf ! On parlait décoration ! Ce fût un plaisir, en bon gai, de lui lancer un «ouais, on est très Ikea !». Cas réglé. Son entendu. Discothèque prise en défaut. Tout le monde repartit avec l’orgueil intact.

Le lendemain, en jasant autour d’un verre avec notre amie Y, nous nous sommes bien bidonnés en imaginant un changement d’acteur. Je vous laisse faire l’exercice en imaginant que le policier «garçon» m’ait suivi dans la chambre et que de la même manière m’aurait dit : «Vous avez un beau couvre-lit !».

Effet très étrange garanti.

À faire exploser l’ambigü-ô-mêtre.

Perception 002 : Parlant d’Ikea...

Hier : Journée de magasinage extrême ! Course contre la montre pour profiter au maximum de la voiture de Communauto que nous avons loué, nous n’avions pas eu le temps de manger et étions en ligne à la caisse chez Ikea (on est vraiment très Ikea...) Je vois le comptoir à hot-dogs au delà des caisses et avec un élan 0% subtil, je me garroche vers l’oasis aux couleurs de la Suède.

J’ai la sensation du «brosseux» sur le lendemain de veille qui a un trip bouffe intense et qui vient de voire Sainte-Poutine qui l’attire vers sa lumière. Je pense évidement à mon chum qui est en ligne pour la caisse et qui doit aussi avoir faim. J’achète deux hot-dogs et une boisson gazeuse.

Avec un esprit de survie en plein éveil et avec le «shake» du gars en hypoglycémie je réussit avec peine à mettre moutarde et ketchup a coups de pompe des #*!°...&*! de distributrices. Je m’en retourne avec JP et dépose les hot-dogs dans le panier et j’entreprends de finir de garnir la chose avec la relish en sachet que je vide sur la saucisse et que j’étends avec mon doigt.

«Maudit colon !» me dis-je en moi même, j’ai tellement l’air sur le lendemain de veille (pourtant je ne le suis pas vraiment) les autres personnes en ligne doivent me trouver bordélique et paysan... mais pas JP. Sa perception à lui est tout autre : On est un ti-couple de tapettes chez Ikea. Perception opposée à la mienne qui faisait abstraction de la notion de couple pour ne voir que deux chums de gars qui s’empiffrent avec de la junk.

Sa perception était tout à fait Xanadu. Je lui apporte son ti hot-dog, le garnis avec mes doigts et on partage le même verre de Pepsi. Une tite tappe sur la fesse avec ça ma pitoune ? Sa seule consolation fût ma réaction quand il me dit que j’ai «fait des mottes» avec le ketchup et la moutarde. Ce à quoi je répondis «Non mais t’as tu vu leur câlisses de machines toé ? T’as juste à prendre une napkin pis en enlever !» Honneur du tapette qui veut conserver sa virilité presque sauvegardé par un sacre lancé sur un ton masculin la bouche pleine de saucisse.

La perception de la scène fût probablement totalement différente pour les 5 ou 6 personnes qui l’ont observée en attendant pour payer.

Mais malheureusement, on ne saura jamais leur version...
.