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Facebook • Log in - Username : strabéri - Password : *******Après plusieurs moutures et quelques 200 millions de membres autour du globe, la version amicale de Big Brother étend ses tentacules et reliera de plus en plus d'internautes dans les mois et les années à venir, parfois pour le meilleur, parfois pour le pire. Un mariage qui en devient un de raison pour certains et une union libre pour d’autres.
Quand une application internet de socialisation prend autant de place dans nos vies, il y a lieu de se questionner sur son influence dans notre quotidien.
De mon côté, je trouve parfois difficile de garder contact virtuellement avec des amis qui méritent mieux qu’un commentaire sur leur «wall» ou pire, avoir dans ce qu’on appelle mes «amis» des gens qui ne m’adressent la parole qu’une seule fois pour se taire à jamais une fois inscrit dans ma fameuse liste.
Ces nouveaux zombies bouffeurs de contacts sur le Web s’ennorgueillent d’avoir 500 amis, comme si le fait d’avoir une liste de contacts impersonnels impressionnante faisaient d’eux les morts vivants les plus populaires de la planète. Une première question me vient en tête : devrait-on changer le terme «amis» pour «bibelots chimériques» et payer un psy à ceux qui dépassent le cap des 300 bibelots ?
Nous attaquent aussi par l’écran ces sangsues venues du passé croyant pouvoir se coller à notre crâne pour en extraire sa substance. Jamais ils ne se questionnent sur le fait que si la vie nous a séparés durant 20 ans, il est inutile d’essayer de s’accrocher à notre peau pour nous suivre dans tous nos déplacements. Si on leur a déjà balancé le contenu d’une salière pour les décoller de nos jambes c’est qu’elles ne devaient pas y être. Certaines d’entre elles ne nous avaient même jamais tourné autour mais depuis facebook, si la proie s’est déjà baigné dans le même lac que la sangsue, elle doit absolument se retrouver sur sa liste. Rien en commun sinon un lieu géographique et un nom de plus sur une liste inutile.
Vous pensez qu’il n’y a pas d’autres formes de vie dans l’univers, j’ai de petites nouvelles pour vous, il y a des êtres venus d’ailleurs, mais on ne peut toutefois pas parler de race supérieure. Ces êtres différents vivent derrière des fenêtres et épient les passants des trottoirs tout comme ceux de la bande passante. Ils savourent leur journée rivés devant l’écran, guettant les moindres gestes de leurs centaine de sujets d’études dont ils ne comprennet pas l’esprit. Condamnés à élever leur progéniture dans le confort névrosant d’un bungallow trop bien décoré, ces êtres verdis par le manque de soleil naviguent entre «Les saisons de Claudine» et «Que fait Claude ce midi». Résultat : un commentaire au moindre pet lâché sur le fil de presse et un wall envahi par l’image d’une ultra-terrestre désoeuvrée. Une seconde question traverse mon esprit : Devrait-on laisser un ordinateur entre les mains d’une mère de famille sans humour ni esprit qui ne travaille pas et qui s’ennuie, n’est-ce pas là une incitation aux attaques vides de contenu à grands coups de «P'tite Vie» ?
Vient s’ajouter aux traumatismes facebookiens, le défilement des photos de profils de l'ex qui de mois en mois se transforme et prend l'allure des pires bêtes de cirques, une évolution à la fois hilarante et déprimante. De funambule aveugle à l’homme au corps recouvert entièrement de tatouages en passant par le clown triste version sado-mazo, les occasions de rire jaune devant la déchéance du forain surprennent à chaque fois et nous font apprécier l’homme canon qui nous propulse ailleurs. Je l’aurai bien cherché me direz-vous ?... oui j’avoue ! mais la satisfaction de la curiosité est plus grande que le dégoût.
Il y a aussi dans ce «Grand Livre de Face» des farfadets malicieux qui changent leur status au quart d’heure. On se demande vraiment à quel moment où, dans un élan de passion de la part de Rita pour sa vie bien remplie de petits riens on verra enfin à l’écran : «Rita... est en crisse, le Charmin vient de déchirer et elle manque de savon à mains» ce qui nous fera enfin sourire en imaginant l'état des touches du clavier de Rita au moment où elle a écrit ce status.
Too much information vous allez me dire...
Eh oui ! La plupart du temps, facebook véhicule trop d’information. Des photos et vidéos de beuveries qui finissent par une conversation avec la cuvette, des photos osées, des commentaires et de l'information sur l’usage du temps, des status plaignards annonçant que le compte en banque est vide, facebook c’est tout ça et encore plus.
Inscrivez-vous qu’ils disaient !
Oui, pourquoi pas ! Mais attention aux envahisseurs !
À quand un antivirus qui détecterait les agresseurs et qui nous avertirait : « Ne pas accepter Rita, elle contient un ver qui mangera votre écran et qui rottera un commentaire absurde.»
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