Envoyé par son patron pour investiguer sur les nombreuses disparitions s’étant produites dans Parc Séléné, un journaliste de talent établi à Grandoeil et d’origine greco-tunisienne se rendit sur le terrain pour recueillir les informations nécessaires à l'écriture d'un article.
Condis Troudi était à l’emploi du quotidien The Razette depuis maintenant plus de six mois et on ne lui avait toujours pas assigné de photographe. Il devait donc prendre les clichés des lieux lui-même.
Arrivé tard dans Parc Séléné, il décida de prendre quelques clichés de nuit pour s'impregner des lieux et peut-être entrer en communion avec ce parc qui devait porter le nom de Séléné pour sa beauté prenant une ampleur particulière la nuit venue.
Il sortit son pied de caméra et fit les ajustement nécessaires pour prendre des photos aussi claires que possible. Il remarqua que son ombre ne reflètait pas les formes habituelles. Le pied de caméra était très net mais son ombre à lui semblait prendre la forme d'un cheval. Il trouva l’effet d’optique assez cocasse.
Il prit un premier cliché du Parc qui ce soir là était habité d'une fumée créée par des feux s'étant tenus une heure auparavant lors des festivités à la fête foraine. Cette fumée donnait à Parc Séléné un air différent à la photo que Condis y prit et les autres qui suivirent, comme si il s’agissait d’un autre endroit mystérieux et étranger.
Après avoir pris quelques images des lieux il vit une dame d'un certain âge qui était assise sur un banc. Il décida de la prendre en photo pour ensuite aller lui poser quelques questions pour son article et par la même occasion lui demander l'autorisation de publier l'image. Il ajusta l'obturateur de son appareil et appuya sur le déclencheur. Sur l'écran de sa caméra numérique, il regarda la prise de vue. À sa grande surprise, le banc était vide.
Il leva les yeux pour constater que la dame n'y était plus. Il crut d'abord qu'elle avait quitté son banc alors qu'il ajustait son appareil mais constata que les alentours n'offraient pas à la dame les moyens de quitter son champ de vision aussi rapidement. Il trouva la chose bien étrange et se demanda par quel miracle elle avait pu se produire. Il décida de rechercher d'autres gens pour leur parler et essayer de comprendre ce qui s'était passé.
Il vit de l'autre côté du bassin un homme qui semblait être un itinérant. Il crut bon d'aller lui parler croyant que ce dernier allait, par sa connaissance du quartier, lui donner des indices sur ces mystérieuses disparitions dont il croyait lui aussi avoir été témoin.
L'itinérant avait un visage très singulier. Assis sur un cube de béton juste à côté d'un abreuvoir sous la lumière d'un lampadaire, il offrait à l'oeil du journaliste devenu photographe une image qui exprimait toute l'humilité et l'humanité du sujet. Il décida de ne pas le déranger tout de suite et de prendre cette photo qui serait sans doute une oeuvre digne des grandes expositions.
Il s'approcha un peu, installa son trépied et appuya sur le déclencheur. Voulant vérifier si l'éclairage et le cadrage lui convenaient, il jeta un oeil sur son écran pour constater encore une fois le vide total ; l'absence de sujet humain sur son cliché.
En levant les yeux, il fut horrifié de voir que l'homme qui était si près de lui n'y était plus, tout comme la dame qui avait disparu.
Il se demanda si il n'avait tout simplement pas des hallucinations. Peut-être que cette brume couvrant le parc, mêlée à toute cette histoire de disparitions provocait en lui un processus de suggestion mentale et qu'il se faisait lui même croire à ces dites disparitions.
D'ailleurs, toute cette brume poussiéreuse avait déposé dans sa lentille une fine couche de suie. Il sortit un chiffon et entreprit de le nettoyer. En se voyant dans la lentille, il eut l'impression que son visage avait pris la forme d'une tête de cheval.
Heureux de cette illusion qu'il associait aux ombrages des arbres environnants, il décida de mettre la minuterie et de prendre son propre portrait pour immortaliser cet effet tout à fait spécial. Près du pont, sous un lampadaire, un homme vêtu d'un burnous se tenait debout tenant d'une main une torche et de l'autre, un loup en laisse. L'homme l'observait.
Il se placa devant la caméra et au moment où l’appareil se décl...
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